( 13 janvier, 2008 )

Pour quelques kilos de plus

Chers ami(e)s,

Notre société fait aujourd’hui face à un certain problème, certes un problème plus que certain qui touche chacun de nous. Il s’agit d’un phénomène de société au cœur de l’actualité dont la portée philosophique, esthétique et  morale pousse chaque individu dans ses retranchements les plus profonds. Je souhaite m’exprimer sur ce sujet qui crée bon nombre de frustrations, dont la cible préférée reste bien les femmes. Cet énorme sujet (si je puis utiliser cet adjectif), si épais, si flasque, si lourd de conséquence, si mou, si pendant et pourtant si rond, est bel et bien : le poids.

Le poids…  quel horreur !  Je ne parle pas de petit pois, ni même de pois chiches mais de poids, celui qui pèse (sur la conscience, sur la balance et sur les mocassins bien trop fragiles pour le supporter). Et oui, ce poids, grande énigme du 21ème siècle est sujet tabou dans les chaumières, ainsi il ne serait pas convenable de parler poids pendant un diner de noël ou même au moment du déjeuner de la St Valentin. En effet il ne serait certes pas de bon ton de pondre une phrase comme : « Tiens chérie, tu ferais mieux de ne pas reprendre de la dinde, ton ventre dépasse ! » ou même « Non non ! Pas de chocolat cette année ma puce, celui de l’an dernier n’est pas encore digéré on dirait ! ».

                Qui n’a jamais vécu le drame de se voir souffrir d’un ou de deux kilos en plus en se penchant sur son pèse personne ? Qui n’a jamais découvert avec effroi un nouveau né entre l’aisselle et la hanche ? Le poids est bel et bien l’ennemi public numéro un à abattre enfin… à faire fondre. Où trouver le courage de faire un footing, où trouver la force de se rendre au club de fitness, où dépenser son énergie ? Les salles de gym coutent les yeux de la tête, pour faire un footing on à jamais de bonnes chaussures, concernant la motivation, il y a toujours mieux à faire ! Faire l’amour fait-il perdre du poids ? Personnellement je ne pense pas, ce serait même le contraire si jamais la pilule est passée de « travers » où que la capote ait fait « faux bond », déjà avec 2 kilos en plus dans le popotin, se retrouver 9 mois en cloque serait un comble.

De nos jours, à l’ère où la beauté est synonyme de maigreur, de légèreté, de souplesse, de fermeté et de finesse, nos amis les gros eux se font royalement bien chier. En effet, le fait d’être gros à toujours une connotation malsaine dans l’esprit de ceux qui ne le sont pas. Ainsi, il en va de même pour les nains, les roux, les poilus, les bigleux, les boutonneux et les bouches en cul de poule. Au cours des conversations, on évite toujours de justesse l’hécatombe en utilisant un mot malheureux ou une phrase anodine mais pouvant avoir un sens assassin.  Laissons ces personne vivre en êtres humains qu’ils sont, ne les mettons pas à l’index (enfin mettons y seulement les plus mignonnes).

J’ai récemment appris qu’il existe un moyen efficace de maigrir quand on est gros. En disant « gros », je veux dire « vraiment  gros » et que ce moyen est simplement de se faire mettre un anneau gastrique. Honnêtement, je déteste le terme « se faire mettre » mais dans ce cas précis, il est de mise, donc on se fait mettre un joli anneau gastrique, qui ralenti la digestion et qui diminue la capacité à ingurgiter de la boustifaille.   Mais enfin, que Dieu se faire mettre un anneau, déjà qu’au doigt ça ne fait que faire grossir, alors la, le foutre carrément sur le gros colon je ne dis même pas les effets. Trêve de plaisanterie, j’ai une amie qui, pour ainsi dire, grâce à son anneau ventral, a perdu plus de 40 kilos. Vous vous imaginez ? 40 kilos ! Si moi j’en perdais autant, j’irai pas bien loin avec mes 10 kilos restant.

  

La semaine dernière sur mon écran cathodique, j’ai été bien malgré moi, le témoin d’un débat dont la thématique était : « Trouve-t-on les grosses belles ? ». Ce débat animé par un certain Monsieur De Larue (homme n’étant pas à son premier larcin), consistait à mettre en opposition deux avis divergent concernant les femmes bien en chair. D’un coté, les grosses qui l’assument, de l’autre, les grosses qui s’habillent en noir et au milieu les mecs. Ça tranchait a mort, si je puis utiliser ce terme. Chez les  grosses qui s’assumaient leurs formes généreuses étaient trahies par des propos péripathiétques et chez les grosses en noir, leurs yeux timides trahissaient un réel mal être et pour couronner le tout, question aux mecs « Trouvez-vous les grosses belles ». Comment peut ton mettre sous les feux des projecteurs, dans l’arène publique des propos et des problèmes de cette sorte. Mais voyons, l’arène pudique ne cloisonne-t-elle pas ce genre de propos inutiles. Mais de grâce, laissez les grosse tranquilles, et vous les grosses, assumez que vous l’êtes sans avoir à passer devant des caméras de télés poubelles. Aimer manger n’est pas un pécher en soi. Bien au contraire, c’est  la clé de la santé.  Vous vous trouvez trop rondes, d’accord, faites un léger régime à base de légumes et de yaourt.  Oubliez les produits 0% car comme leur nom l’indique leur effet est de 0 %. Oubliez les liposuceurs dont la seule chose qu’ils sucent vraiment est votre argent si durement gagné.  Soyez vous-même et sublimez votre entourage.

Pour répondre à la problématique « Trouve-t-on les grosses belles ? », la réponse est oui, si elles ne sont ni faciles, ni des épaves, ni des gastrophiles sur pattes, ni des péri polyvalentes, ni huitres, ni perdues dans leur univers à revers…. Bref mesdemoiselles, oui si vous êtes des filles normales, certes avec quelques formes plus que généreuses à offrir, nous vous trouverons belles.

                                                                                                               Damien Ng

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